Comment les mouvements contre l'IVG essaient de faire changer l'avis de la société sur l'avortement ?

Aujourd'hui, les techniques de la contraception, mais surtout de l'avortement, ont considérablement changé. Il en est de même pour les militants. En effet, ce sont les opposants contre l'avortement qui se font savoir. Ainsi ils essaient de changer l'opinion des futures femmes souhaitant avorter, mais aussi la vision de la société sur l'avortement qui est d'après eux, un crime. 

Les techniques d'avortement depuis 1975 ont énormément évoluées, et sont aujourd'hui, plus hygièniques, sans danger, et les femmes ont un suivi médical. L'IVG est aujourd'hui très encadrée. Si une femme souhaite avorter aujourd'hui, elle peut avoir le choix entre deux méthodes. L'une est l'IVG médicamenteuse. Cette IVG peut être réalisée jusqu'à la fin de la 5ème semaine de grossesse (soit au maximum 7 semaines après le début des dernières règles). La méthode médicamenteuse ne nécéssite pas d'opération, et peut donc être réalisée dans un centre de santé, mais aussi dans un cabinet en ville. L'autre méthode est l'IVG chirurgicale. Cette technique d'avortement, peut être pratiquée jusqu'à la fin de la 12ème semaine (soit au maximum 14 semaines après le début des dernières règles). Contrairement à l'autre méthode, celle-ci nécessite une opération, et est donc pratiquée obligatoirement dans un centre de santé. Chaque avortement est obligatoirement fait par un médecin. Dans les deux cas, la femme est suivie pour le bon déroulement de cet acte, mais peut aussi demander un suivi psychologique.

De plus, la contraception a elle aussi largement évoluée depuis les années 1970. Elle est plus courante, et les femmes en ont un "libre accès". Il existe aujourd'hui, 9 moyens de contraception qui ont pour but soit d'empêcher l'ovulation, soit d'empêcher la fécondation, soit d'empêcher l'implantation de l'oeuf. À la suite d'un avortement, 6 méthodes de contraception sont utilisables immédiatement après l'IVG : le dispositif intra-utérin (le stérilet), la pilule (contraception hormonale orale), le dispositif transdermique hormonal (le timbre), l'implant sous cutané contraceptif, le préservatif féminin, et masculin. Mais il existe 4 autres méthodes de contraception : le diaphragme, la cape cervicale, l'anneau contraceptif, et les spermicides. Ces méthodes ne sont pas appropiées dans les suites immédiates d'une IVG, car leurs utilisations impliquent des manipulations vaginales. 

Les opposants à l'avortement se font entendre de différentes façons. Et n'hésitent pas à descendre dans les rues, mais font aussi des "commandos" qui peuvent être violents. 

Manifestation contre l'avortement à Paris en janvier 2012

(manifestation contre l'avortement. "Marche pour la vie", à PARIS, en janvier 2012).

L'opposition à une solution médicalisée de l'avortement date des premières attaques de centres hospitaliers où se pratique l'IVG. Ces mouvements contre l'avortement bénéficient du soutien de trois groupes idéologiques : le mouvement dit "por-life" venus des États-Unis (mouvement regroupant associations et personnes souvent proches des mouvements religieux chrétiens. Ils défendent le "droit à la vie" à travers l'opposition à l'avortement), l'intégrisme religieux, mais aussi de la droite politique extrême avec le soutien du Front National.

Depuis 1987, il y aurait eu plus de 100 actions ou manifestations contre des établissements hospitaliés (publiques ou privés). Ils procédent de différentes manières, mais souvent occupent les locaux, et dans les cas extrêmes dégradent le matériel. Suite à des plaintes, les mouvements ont décidé de se tourner vers le rassemblement à l'extérieur des établissements hospitaliers. Ces manifestations ne peuvent être interdites car à caractère politique, et la riposte est plus difficile pour les associations.

Il est difficile d'évaluer le nombre d'adhérents au mouvement anti-avortement. Beaucoup d'associations se sont crées depuis les années 1970. Mais, en plus de ces associations qui défilent ou tractent, il y'en a d'autres, plus discrètes, qui chaque jour oeuvrent sur le terrain. Il existe aussi, des associations, encore plus silencieuses qui proposent un logement au futur femmes hésitantes. Cette démarche qui les coupe de leur milieu avec la propostion d'un hébergement, peut être une raison suffisante pour ne pas avorter.

Nous pouvons donner l'exemple de deux associations anti-avortement dont l'association SOS-MAMANS qui s'est livrée à une interview dont certains éléments sont retracés ci-dessous. 

La première est l'association "SOS-MAMANS" qui est née en 1995 (elle appartient à l'association UNEC). Au départ, les membres de l'association "SOS-MAMANS" était une association pro-vie "standard" et faisait des manifestations, et tractages contre l'avortement, lettres aux députés, pélerinages, collectes et signatures. Seulement, ces actes ne prenaient pas assez d'envergure. C'est alors qu'ils ont décidé de travailler "dans la rue", et d'aller directement voir les mamans qu'ils pensaient en détresse, et ainsi les secourir, elles et leurs futurs bébés. D'après eux, aucune femme n'a voulu avorter sans s'y sentir contrainte, à cause du refus de l'entourage, du manque de ressources, ou du manque de place. Les membres de cette association religieuse disent sauver des vies, des vies d'enfants de Dieu qui sont en danger. Mais aussi sauver la vie de nombreuses mamans qui sont des prostituées, esclaves, ou suicidaires. L'association dit que "le vrai missionnaire envoyé par Dieu, est le bébé lui-même". Cette association est répartie en groupes; 7 sont en France, et 2 à l'étranger. Chaque groupe comprend 3 à 4 personnes. Dans ce groupe, il y a un ou une comptable, qui construit un réseau de donateurs autour du groupe. Puis il y a un(e) responsable qui supervise, juge les problèmes, garde le lien avec les donateurs et reste en contact avec le groupe "SOS-MAMANS" à Paris (qui aide dans des cas extrèmes). La première personne est nécessairement une femme, car elle peut trouver, comprendre, et sauver une nouvelle maman en détresse. "SOS-MAMANS" dit sauver au début 2 à 3 bébés par an. En 2006, l'association cherche des donateurs car l'association a plus de demandes que d'aides. SOS MAMANS affirme avoir sauver 275 bébés. En 2005, cette dernière a ouvert des maisons d'accueil en Auvergne, Paca, à Toulouse, à Lyon, à Dijon. Le taux de réussite est de presque 100% annonce l'association; deux femmes en France ont décidé d'avorter malgré le soutien de leurs troupes. SOS-MAMANS suit les mamans 10 à 12 mois après la naissance du bébé. L'association, par ailleurs, aide les mamans financièrement avant la naissance de leur bébé, et ce jusqu'a 3mois après leur naissance. L'association dit trouver les femmes en difficultés en allant sur les trottoirs, dans les cafés, pharmacies, métros, labotratoires mais surtout dans les parc publics. Cette association travaille sans bruit, sans publicité, sans affiche, sans revue, sans bureau, sans salaire. 

SOS MAMANS

La seconde est l'association "SOS TOUT-PETITS" qui est une association catholique d'extrême droite opposée à l'avortement, mais aussi à la contraception. Cette association fut fondée en 1986 par le Docteur Xavier Dor, qui continue à la présider aujourd'hui. Elle est connue pour ses différents "commandos anti-IVG" en 1986 et 1995. Mais depuis 1998, après plusieurs condamnations visant  Xavier Dor, l'association décida de rester dans des manifestations légales. Ce mouvement est particulièrement actif dans les villes de Paris, Bordeaux, Toulouse, Lyon et Strasbourg, et fait parti des fondateurs de la "Marche pour la vie" à Paris ou Bordeaux. (Photo ci-dessus). 

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